FERNANDO UREÑA RIB

 

 

l'art dominicain

 

l'œuvre LUDIQUE DE

Fernando Ureña Rib

MARIANNE DE TOLENTINO

 

 

 

Ninfas Danzantes. Peinture a l´huile de Fernando Ureña Rib.1996

 

 

Pendant des années, Fernando Ureña Rib revient sans cesse, de façon intermittente, au réalisme, à travers le portrait réel ou imaginaire, les visages (même l'autoportrait), les bustes ou mi-corps, les figures isolées, - parfois combinées avec du feuillage - ou couples-soudain, une réminiscence implicite d'Adam et Ève. Il est probable que, dans le dessin comme dans la peinture, il n'abandonnera pas totalement cette tendance, de la même manière que, "converti" à l'abstractionnisme, il retournera occasionnellement vers la figuration.

L'artiste, un des plus habiles parmi ses pairs, se plaît à éprouver à nouveau la docilité de sa main et de son inspiration sous la dictée d'un modèle et les exigences de la description. Cependant, la pâte, la matière et le tempérament sont toujours là, aussi actifs (ou plus encore) pour le potentiel de communication perceptive, de même qu’une capacité représentative. 

Nous vient à l’esprit alors l'affirmation de Léon Degand : "Aux forces que lignes, formes et couleurs produisent selon l'objet représenté, s'ajoutent les forces que ces lignes, formes et couleurs produisent entre elles, selon les rapports des objets entre eux". Pour recourir à l'exemple le plus simple, l'impact de zones et taches de couleur-lumière est plus accentué dans la confrontation d'une jeune fille au bouquet de feuilles que dans l'association de deux personnages. L'attention du peintre dans ce dernier cas se concentre davantage sur les traits physiques, sur les expressions introspectives.

En mentionnant le mot "introspection", nous abordons simultanément les univers intérieurs que suggèrent les physionomies de certains protagonistes absorbés dans leurs , et les univers intérieurs de l'artiste lui-même ou plutôt ses pulsions internes. Cette incursion de l'intimité psychologique et intellectuelle, des sentiments et de l’imagination se traduit dans l'œuvre de Fernando Ureña Rib par un discours plus onirique, prononcé jusqu'en 1986 approximativement, et qui constitue les fondements de la production déjà à maturité. Cette libération psychique instrumente la libération plastique : surgissent mutations et métamorphoses, superposition et multiplicité d'une même figure dans l'espace.

L'artiste, qui sait qualifier et analyser l'œuvre des autres, a toujours su naturellement intituler sa propre création. Il le fait en se référant à sa longue étape onirique : "Les Chemins de l'évasion", dénomination significative de sa première époque réelle-imaginaire, qui le conduit jusqu'aux "Portes du Rêve", titre de l'exposition présentée au Deutsche Bank de Bonn en 1982.

La critique allemande capte dans l’œuvre de l’artiste les attraits conjugués de la technique, de l'atmosphère et du symbolisme : "Le thème de Fernando Ureña Rib se situe entre les frontières du conscient et de l'inconscient, du cauchemar, des mouvements psychiques de l’intérieur de l’homme. Cet inconscient est rempli d'images symboliques, oiseau et femme par exemple, en séries complètes."(Bonner Rundschau).

Dans les séquences oniriques, deux thèmes dominent : la figure humaine et les plantes. Ces motifs peuvent être seuls ou combinés. Un troisième centre d'intérêt surgit sporadiquement : l'oiseau. Toutefois, quelles que soient les variations thématiques, les rapports spatiaux se ressemblent et constituent, quant aux structures et à la composition, la principale recherche graphique et plastique. Le dynamisme se manifeste par des formes à la fois solides et souples, pénétrantes, pénétrées et juxtaposées. 

Le mouvement peut atteindre, dans ses effets optiques, la décomposition et la simultanéité d'un même élément végétal ou anatomique. Le rythme se module selon plusieurs lignes de force. Au niveau de la perception, le spectateur est entraîné dans différentes directions, soit vers l'espace extérieur, le centre du tableau, la vibration de l'image ou la trajectoire d'une courbe... Les corps se multiplient se fragmentent, se poursuivent, s'épanchent, se transforment. Souvent les formes couvrent la totalité de la surface, mais lorsque se dissocient le fond et les motifs, une atmosphère aussi est animée et douée d'énergie vitale, jouant alors la lumière, la couleur et son application, une fonction primordiale.

Bien que nous sentons et reconnaissons l'importance du chromatisme, nous nous inclinons presque toujours du côté formel. Il nous semble intéressant de citer une opinion critique de Béatrice M. Ingram, qui dans son commentaire fait une appréciation directement picturale : "Ses touches sont spontanées, les couleurs vibrantes et parfois violentes de par leur intensité lumineuse (...) L'interaction des couleurs crée une illusion de mouvement et d'action suspendue." Nous soulignerons la virtuosité du pinceau qui parvient à unir le contrôle, l'énergie et le geste, la densité modulée du pigment, accord parfait de la limpidité tonale et de la texture. Quand le peintre interprète la peau féminine, chaleur et luminosité intérieure d'un rose chair ´†glorifient†ª la sensualité, la fraîcheur et la jeunesse.

Fernando Ureña Rib, qui avec tant de désinvolture - quand il le décide - manie la laideur et la caricature psychosociale dans ses versions/tendances oniriques, préserve toujours les canons hégéliens du Beau et d'une poétique de l'harmonie. S'il introduit la note de l'†´étrange†ª dans la beauté celle-ci se situe dans les variations directionnelles et structurelles du tableau, non dans la rupture esthétique. Nous avancerons dans le temps, en observant qu'il s'agit bien d'une constante, hier dans la figuration et aujourd'hui dans l'abstraction.

Les images de Fernando Ureña Rib, à un autre niveau de lecture, se présentent à la fois comme moins rationnelles et peuplées d'analogies - la même figure peut se répéter sur une seule toile - moins logiquement déchiffrables et plus ouvertes à l'intuition. Symptomatique à cet égard est le titre "Dialogue Secrets" que l'artiste donne à une exposition mixte dessin/peinture en 1984. Nous rappelant Julio Cortázar, nous l'avons intitulée "les armes secrètes", agression subconsciente d'une fascination lancinante. Comme dans le rêve, les signes se combinent et se succèdent. Comme si la toile était la toile de fond du psychisme et de ses obsessions idylliques!

 
FERNANDO UREÑA RIB

 

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Revisado: May 27, 2013
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